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Mode Cas · cabinet fictif, chiffres illustratifs

Maison Delaunay : une étude de cas résolue dans un jumeau numérique

Le mode Cas transforme une étude de cas façon MBB en enquête dans un modèle vivant, un jumeau numérique jouable du cabinet. On n'écoute pas un énoncé qui contient déjà toutes les données : on dépense des jetons pour lever le brouillard sur une partie du cabinet, on interroge ses agents, on parie sur des hypothèses avant de les tester, et on compare sa stratégie à celle que trouve un optimiseur. Voici une partie complète sur un cabinet fictif, avec le piège dans lequel tombent la plupart des joueurs.

Sur cette page
  1. Qu'est-ce qui ne va pas chez Maison Delaunay ?
  2. Comment joue-t-on un cas dans le jumeau ?
  3. Comment l'enquête s'est-elle déroulée ?
  4. Quelle stratégie gagne une fois testée dans le jumeau ?
  5. À quoi ressemble la réponse finale ?
  6. Qui joue ce genre de cas, et pourquoi ?
  7. Jouez ce cas sur votre propre cabinet.
Le brief

Qu'est-ce qui ne va pas chez Maison Delaunay ?

Brief

Maison Delaunay Search est un cabinet de chasse de 18 personnes à Lyon. Sur 12 mois, le chiffre d'affaires baisse de 9 % alors que les mandats signés augmentent de 12 %. La marge d'EBE passe de 22 % à 14 %. Hélène, l'associée fondatrice, veut céder dans trois ans.

Question : comment revenir à 20 % de marge en 12 mois sans dégrader la transmissibilité ?

Règles : 12 jetons d'enquête, 90 minutes, toute la carte sous brouillard au départ.

Maison Delaunay, Hélène et tous les chiffres de cette page sont inventés pour l'exercice.

Trois boucles

Comment joue-t-on un cas dans le jumeau ?

BoucleQui joueAvec quoiCe qu'elle apporte
JeuLe joueur : dirigeant, associés, consultant ou repreneurCarte des flux, jetons d'enquête, entretiens d'agents, univers A/BL'exploration, l'intuition, l'appropriation
OptimisationLa machineUne recherche multi-objectifs sur les leviers, avec une frontière marge, risque et dépendanceL'écart mesuré entre la meilleure idée humaine et le meilleur possible
StratégieLe jumeau en mode CriseDes centaines de futurs tirés au sort, critère de regret minimalUne stratégie robuste, pas seulement optimale dans un seul futur
Journal de partie

Comment l'enquête s'est-elle déroulée ?

TourAction du joueurJetonsCe que le jumeau révèleEffet sur les hypothèses
1Pose l'arbre : CA = mandats × honoraire × taux de réussite ; coûts = heures par placement0L'agent associé signale que « prix » et « remises » se recoupentArbre corrigé, sans recouvrement
2Parie sur trois hypothèses : remises (40 %), taux de réussite (30 %), délais (30 %)0Les paris sont datés au registrePoint de départ
3Demande la remise moyenne par trimestre1Elle passe de 3 à 5 %Remises : 20 %, trop faibles pour expliquer −9 %
4Demande le taux de réussite des mandats178 % → 61 %, dont 7 mandats annulés en cours de routeTaux de réussite : 50 %
5Lève le brouillard sur la carte des flux1La station « revue associée » clignote : 14 shortlists en attente ; 7 mandats actifs par consultant contre 4Nouvelle hypothèse : goulot fondatrice
6Interroge l'agent « consultante senior »2« Tout attend la relecture d'Hélène, on jongle avec sept recherches. » Confiance : verteGoulot fondatrice : 60 %
7Interroge l'agent client « DRH d'ETI »2« Deux recherches annulées : trop lent, un concurrent présente en trois semaines. »Mécanisme confirmé : délai, puis annulations, puis CA
8Applique la loi de Little sur la carte0Délai jusqu'à la shortlist : de 5,5 à 9 semaines, cohérent avec l'encoursCause racine : trop d'encours derrière un goulot fondatrice

Sept jetons sur douze. L'intuition de départ, le prix, était une fausse piste. La cause racine est un excès d'encours bloqué derrière la fondatrice, un goulot d'étranglement typique des cabinets dirigés par leur fondateur. C'est le piège classique d'un cas MBB, sauf qu'ici le joueur l'a trouvé en jouant au lieu de le lire dans l'énoncé.

Univers

Quelle stratégie gagne une fois testée dans le jumeau ?

Chaque univers tourne 1 000 fois. Les barres montrent la marge d'EBE à 12 mois de P10 à P90 ; le trait foncé est la médiane, la ligne rouge pointillée l'objectif de 20 %.

UniversLeviersMarge à 12 mois (P10 / P50 / P90)Shortlists revues par la fondatriceVerdict
APlafond de 4 mandats actifs par consultant, liste d'attente15 / 18 / 20 %60 %Bon levier, insuffisant seul
BRevue déléguée à deux seniors ; la fondatrice ne voit que les mandats au-dessus de 150 k€14 / 17 / 19 %15 %Gagne en marge et en transmissibilité
CFin des remises, +5 points d'honoraires11 / 16 / 19 %60 %Deux types de clients partent : risque élevé
A + B + DA et B, plus un agent IA de sourcing (−40 % de temps de recherche)18 / 21 / 23 %15 %Retenu ; le goulot se déplace vers les entretiens clients
OptimiseurMeilleure combinaison trouvée sur la frontière18 / 22 / 24 %10 %Ajoute C pour les nouveaux clients d'un seul segment
  • Le joueur contre la machine. A + B + D atteint environ 95 % de l'optimum en médiane (21 % contre 22 %), avec un risque comparable.
  • Le goulot se déplace. Une fois la revue débloquée, la carte fait clignoter la file suivante, les entretiens clients. La partie continue au tour suivant, comme dans Factorio : c'est l'étape 5 de la théorie des contraintes, recommencer.
  • Stress-test. En mode Crise (départ du premier client, −15 % de mandats, départ d'un senior), A + B + D garde au moins 18 % de marge dans 8 futurs sur 10 ; C seul passe sous 12 % dans un futur sur trois.
Synthèse

À quoi ressemble la réponse finale ?

Réponse d'abord : revenir à 20 % passe par l'encours et la revue des shortlists, pas par le prix. Trois mouvements : plafonner l'encours à quatre mandats par consultant, déléguer la revue aux seniors, outiller le sourcing. Attendu : 21 % de marge (18 à 23 %) et une fondatrice présente sur 15 % des shortlists au lieu de 60 %. Risque principal : la qualité perçue des shortlists. Garde-fou : la fondatrice garde les mandats au-dessus de 150 k€ pendant six mois.

L'agent associé pose ensuite la question qui tue : « Qu'est-ce qui te ferait changer d'avis ? ». La réponse devient un critère d'alerte, et la décision entre au registre des prédictions, contrôlée à 3, 6 et 12 mois.

CritèreCe qui est mesuré
ValeurRésultat de la stratégie face à la frontière de l'optimiseur
RobustessePart des futurs simulés qui atteignent l'objectif, chocs compris
Économie d'enquêteJetons dépensés pour atteindre la cause racine
DisciplineHypothèses pariées avant les tests, confiances bien calibrées (score de Brier)
SynthèseRéponse d'abord, structure sans recouvrement, chiffres, risques, critère de changement d'avis
Usages

Qui joue ce genre de cas, et pourquoi ?

  • Dirigeants et associés, sur leur propre jumeau, le temps d'une soirée ou d'une journée de « war game ». Sur un vrai cabinet, aucune réponse n'est plantée d'avance : le cas devient une vraie enquête, et le registre des prédictions tranche à 3, 6 et 12 mois.
  • Repreneurs en due diligence, sur le jumeau de la cible construit depuis la data room, avant de signer.
  • Équipes en formation, sur des cabinets fictifs de difficulté croissante, où le concepteur plante une cause racine et des fausses pistes comme un level designer.

Un garde-fou : ces cas ne servent jamais à noter des candidats à l'embauche. Un système d'IA qui évalue des candidats est à haut risque au sens de l'AI Act ; l'exercice reste animé et jugé par une personne.

Terminus

Jouez ce cas sur votre propre cabinet.

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